Quand Savennières et vins de Loire riment avec terroirs
Lorsque les vins parviennent à des sommets de pureté et de minéralité, l’identité du terroir prend tout son sens.
Le Savennières n’est pas le premier vin à servir à un néophyte. Mais goûter un millésime complet, déjà âgé, associant puissance et fermeté, est un grand moment de dégustation.
Les grands millésimes de Savennières démontrent l’aptitude au vieillissement de ces vins. Des Coulée de Serrant 1976 et 1982 me donnent encore la chair de poule. Un grand vin par définition possède la race pour bien vieillir tout en gagnant en complexité. Savennières est de ceux là, même s’il emprunte des chemins détournés. Souvent éclatant dans les deux premières années de sa vie, il a la particularité de se refermer très vite pour entrer dans une période plus tendue, austère. Ce n’est qu’après dix ans qu’il s’offre dans son infinie splendeur. Dommage que sur la carte des vins de nos restaurants, les Savennières soient servis si jeunes. Nous les buvons trop vite, ils ont droit à la patine du temps. Les 2005 qui m’ont fait rêver Lors du Salon des vins de Loire, j’ai dégusté les 2005. Ce millésime se définit par une puissance en alcool incroyable, à la limite du déséquilibre sur certaines cuvées, mais avec une trame de fraîcheur et une acidité pointue qui donne de la tension. Parmi mes favoris je place la cuvée l’Enclos 2005 du domaine de la monnaie. Eric Morgat réalise là un vin d’école, gras et ample, avec ces bons amers minéraux qui donne du relief ; certes, le vin est encore à ce stade un peu lacté et caramel au lait mais tout rentrera dans l’ordre. La cuvée du bel ouvrage 2005 du Domaine Laureau est un vin racé sur des notes de gentiane et d’acacia, avec une belle finesse minérale et une bouche dotée d’un beau volume, puissante et ciselée à la fois. Le Clos du Papillon 2005 du Domaine Chosel-Château des Vaults dans un style infusion, miel et acacia, avec sa bouche droite et équilibrée est doté pour la garde. Le Clos du Grand Beaupréau 2005 du domaine Ogereau, point culminant de l’appellation, sis en haut de la côte des Forges, se caractérise par une superbe finesse, un style plus cristallin et minéral, d’une grande précision. Le château de la Franchaie 2005, un terroir superbe sur la commune de la Poissonnière, se révèle classique, harmonieux, d’une belle texture avec ses bons amers minéraux. La Croix Picot 2005 de Jo Pithon, au très bon terroir sur le village de Bouchemaine est un vin encore souligné par l’élevage ; il ne perd pas de sa typicité ; sa bouche est parfaitement définie sur le noyau et l’amande amère. Enfin, avec le Clos de Coulaine 2005 du château Pierre Bise, Claude Papin réalise sur un sol sableux un vin plus confit, doté d’une touche de surmaturité, sphérique en attaque, mais où le minéral ressort et donne de la persistance. Carnet de route RVF 2007 |